À Verrières-le-Buisson, dans l’Essonne, le Centre culturel André Malraux a rouvert ses portes après une réhabilitation complète menée par les agences Cadmée et Lâme. Construit en 1904 par la famille Vilmorin, figure majeure de l’histoire botanique française, le bâtiment mêle façades en meulière, appareillages de briques et toitures à pans cassés dans un style régionaliste typique de la Belle Époque. Classé à l’inventaire des monuments historiques, il a bénéficié d’une restauration respectueuse, doublée d’une extension contemporaine ouverte sur le jardin.

Le projet prend le parti de l’assemblage plutôt que de la rupture. Les architectes ont conservé les qualités structurelles et décoratives de l’existant, tout en adaptant l’ensemble aux usages d’un équipement culturel d’aujourd’hui. La façade a été maintenue, les menuiseries extérieures restituées à l’identique, les planchers partiellement conservés. Le doublage intérieur des murs a permis d’améliorer la performance thermique sans altérer le caractère patrimonial du lieu.

Au cœur du bâtiment, les architectes ont réorganisé les flux autour d’un escalier en bois qui relie désormais la médiathèque installée dans l’extension et le pôle patrimoine, situé dans les étages supérieurs de la maison historique. Cet escalier articule les fonctions du centre culturel : médiathèque, musée, café littéraire, salle d’animation, pôle associatif.

L’extension prend place au sud, sur une parcelle contrainte entre la rue et le jardin. Détachée du bâtiment d’origine par une venelle, elle s’aligne sur le rez-de-parvis sans jamais masquer la volumétrie ancienne. Sa structure en acier noirci, largement vitrée, établit un dialogue sobre et direct avec la ville. Deux plateaux modulables accueillent les espaces pour adultes et pour enfants, tandis qu’un jardin pédagogique et un mail planté assurent la transition douce vers les bâtiments voisins. Le bois utilisé en sous-face de toiture et dans les plafonds fait écho aux teintes chaudes des matériaux d’origine.

Le café littéraire, implanté en R+1, se veut un espace de sociabilité quotidien autant qu’un lieu événementiel. Il s’ouvre sur une terrasse en toiture, avec vue sur le jardin. Intégré dans la trame fonctionnelle du projet, il relie les différents pôles par la circulation, mais aussi par la programmation : lecture, presse, bande dessinée, bar, kiosque.

À l’étage, le musée prend la forme d’un parcours libre, en lien direct avec la médiathèque. Il déploie une scénographie mixte faite de vitrines, objets, films, artefacts, maquettes et jeux, autour de l’histoire de Verrières-le-Buisson et de l’héritage scientifique des Vilmorin. La salle originelle, installée par Philippe de Vilmorin, est restituée dans un esprit de cabinet de curiosités contemporain, avec en point d’orgue un herbier visible en transparence derrière une paroi végétalisée.

Enfin, une salle d’animation a été aménagée dans l’ancienne sellerie. Accessible depuis le parvis nord, elle reste quasiment intacte dans son expression architecturale : voutains en brique apparents, structures en fonte peintes, sols en béton ciré. Reliée au pôle associatif, elle complète le programme sans rupture.

 

Visuels © : Lâme et Cadmée, Fernando Urquijo



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