São Paulo : la tour Salma en manifeste biophilique vertical grâce à aflalo/gasperini arquitetos À Bela Vista, dans le cœur dense de São Paulo, la Salma Tower signée aflalo/gasperini arquitetos se dresse comme une anomalie radicale dans le paysage urbain. Derrière ses lignes de verre et de béton, cette tour de bureaux de 16 étages accueille 1 200 m² de forêt atlantique native, déployés en terrasses spirales sur toute sa hauteur. Une greffe végétale pensée non comme un simple geste esthétique, mais comme un socle structurant.Conçue pour abriter des espaces de travail Triple A, la Salma Tower défie les codes classiques de l’architecture tertiaire. Ici, le bureau s’efface au profit d’un écosystème vertical, où la canopée s’invite jusqu’aux salles de réunion. Loin d’un simple greenwashing, l’approche est fondamentalement biophilique : renouer avec le vivant à travers la lumière naturelle, la végétation locale, la porosité à l’air et aux sons. Entre deux étages, on respire les essences d’un jardin suspendu ; on entend les oiseaux plutôt que la climatisation.Avec sa certification LEED Platinum, la plus exigeante en matière de construction durable, la tour s’impose comme l’un des cinq bâtiments Triple A les plus durables au monde. Mais au-delà du score, c’est la manière dont elle intègre cette exigence au quotidien qui retient l’attention. L’architecture n’habille pas la nature, elle s’y connecte. La végétation n’est pas un décor, mais un principe actif de conception, influant sur le confort thermique, la régulation de l’humidité, la biodiversité en pleine ville.Chaque niveau a été pensé comme une strate d’une forêt verticale, avec des plantations adaptées à l’exposition, au vent, à la hauteur. Ce travail d'intégration, d'une précision rare à cette échelle, fait écho à la démarche globale du studio fondé en 1962, connu pour sa capacité à faire dialoguer la ville, le climat et les usages. Parmi ses projets emblématiques : le W Hotel São Paulo, le complexe Rochaverá ou encore le siège d’IBM.La Salma Tower ambitionne de proposer une autre manière de vivre le travail. L’ensemble du projet est tourné vers le bien-être des usagers : perception sensorielle, qualité de l’air, réduction des îlots de chaleur, lumière naturelle omniprésente. Dans un contexte post-pandémie, où les entreprises cherchent à réenchanter le bureau, cette proposition marque une rupture.Au croisement de l’architecture commerciale, du design d’intérieur et du paysagisme, la tour joue un rôle de pionnière : elle ancre une nouvelle idée de la performance, fondée sur la régénération plutôt que sur la surenchère technologique. Une réponse locale, ancrée dans le biotope brésilien, mais qui pourrait bien devenir un modèle global pour repenser les lieux de travail du XXIe siècle. Visuels © : Maira Acayaba, Pedro Mascaro Précédent Suivant