À Sambuca di Sicilia, au cœur du centre historique, l’agence Didea transforme une ruine vernaculaire issue du programme des « Maisons à 1 euro » en résidence contemporaine. Derrière le caractère médiatique de l’opération, se dessine surtout un travail précis sur les savoir-faire locaux, les matériaux traditionnels et la réactivation du patrimoine bâti à l’échelle du village.

La “ville durable” s’est construite sur une promesse de sobriété : réduire les consommations, limiter l’artificialisation, amortir les chocs climatiques. La ville régénérative déplace le curseur. Elle ne se contente plus de “moins dégrader” : elle vise un bilan positif, capable de restaurer des fonctions écologiques tout en répondant aux besoins d’habiter. Autrement dit, produire plus qu’elle ne consomme, au sens large : énergie, fraîcheur, infiltration, biodiversité, santé, qualité du sol.

Sur l’île de Yakushima, au sud du Japon, le projet Sumu imaginé par Tsukasa Ono développe une approche architecturale qui dépasse la simple réduction d’impact environnemental. Implanté dans un site classé au patrimoine mondial, au cœur d’un territoire marqué par des forêts denses et des cèdres millénaires nourris par d’abondantes précipitations, le projet adopte une logique régénérative : non seulement limiter les dommages, mais améliorer activement l’environnement.

À Barbès, sur l’un des boulevards les plus bruyants et denses de Paris, Benjamin Fleury signe une opération de sept logements en R+7 qui revendique le label BEPOS. Implanté à la place d’un immeuble insalubre démoli après éviction d’un propriétaire défaillant, le projet porté par Elogie-Siemp transforme une situation de dégradation en démonstration énergétique et architecturale. Le contexte est particulièrement contraint. La parcelle s’insère entre un immeuble haussmannien du XIXe siècle, structuré par une forte horizontalité, et un bâtiment Art déco des années 1930, marqué par une verticalité affirmée. Tous deux partagent l’usage de la pierre de taille parisienne et une richesse ornementale qui témoigne du passé du quartier. Face à cette dualité, le projet cherche une position intermédiaire plutôt qu’un contraste frontal.

Longtemps associé à une empreinte carbone lourde et à une production énergivore, le béton vit aujourd’hui l’une des plus grandes transformations de son histoire. Sous l’effet des exigences environnementales, de l’évolution des procédés industriels et de la montée en compétence des concepteurs, le béton bas carbone s’est imposé comme un nouvel étalon pour les chantiers contemporains. 

À Saint-Denis, le Village Olympique et Paralympique entre officiellement dans sa phase Héritage avec la remise des clés de 292 nouveaux logements situés au cœur du quartier Universeine. Après avoir accueilli le monde entier à l’été 2024, ce site emblématique du Grand Paris poursuit sa transformation : d’un lieu de vie éphémère pour les athlètes, il devient un quartier pérenne, mixte et durable.

Au cœur du quartier en renouvellement de Brazza, sur la rive droite de Bordeaux, l’Îlot E6, un projet signé par MARCIANO Architecture (mandataire), s’impose comme une démonstration concrète de ce que peut produire une architecture pensée pour conjuguer densité, qualité de vie et impact environnemental réduit. Développé par Cardinal Promotion et dessiné sous la direction de l’architecte et urbaniste Youssef Tohmé dans le cadre du projet urbain Brazza, l’ensemble assume un parti pris structurel fort : une écriture architecturale massive, poreuse et homogène, rendue possible par l’usage d’un béton bas carbone teinté dans la masse.
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